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Frequency Therapy Healing
Histoire de la recherche

L’histoire de Royal Raymond Rife

D’un atelier de San Diego aux microscopes insolites, aux cliniques expérimentales et à des décennies de conflits : un récit historique d’après le livre de Barry Lynes.

Royal Raymond Rife était un homme d’atelier et de laboratoire : fabricant de microscopes, connaisseur de la mécanique de précision et chercheur qui souhaitait à la fois observer les micro-organismes vivants et agir sur eux par des fréquences électriques. Son histoire mène du Nebraska à San Diego, des expériences solitaires à la collaboration avec des médecins renommés, à une clinique d’été à La Jolla, puis aux conflits commerciaux et à des décennies d’efforts pour empêcher son travail de tomber dans l’oubli.

Ce récit suit le livre de Barry Lynes The Cancer Cure That Worked! Fifty Years of Suppression, publié pour la première fois en 1987 ; l’exemplaire utilisé est le quatrième tirage, d’avril 1992. Lynes y défend l’idée que Rife avait mis au point une méthode efficace de traitement du cancer, dont la diffusion aurait été empêchée par des intérêts professionnels, personnels et financiers. Nous présentons ici son interprétation historique ainsi que les lettres, rapports et témoignages sur lesquels il la fonde. Ce texte est une synthèse rédigée à partir du livre, et non sa traduction littérale. [1]

Au centre se trouvent Rife et les personnes qui ont croisé sa route : Arthur Kendall, Milbank Johnson, Edward Rosenow, James Couche, O. Cameron Gruner, Ben Cullen, John Crane et les chercheurs qui leur ont succédé. Leurs collaborations, leur enthousiasme, leurs désaccords et leurs destins personnels composent l’histoire que Lynes a voulu rouvrir un peu plus d’un demi-siècle après la clinique de 1934.

Les protagonistes de l’histoire

Un bref rappel des principaux personnages. Leurs rôles sont résumés d’après le récit de Lynes.

Personne Rôle dans l’histoire
Royal Raymond RifeFabricant de microscopes et d’instruments à fréquences ; personnage central du récit.
Milbank JohnsonMédecin qui organisa les cliniques et mit en relation chercheurs et soutiens.
Arthur I. KendallChercheur en bactériologie qui travailla avec Rife pour examiner les formes minuscules cultivées dans son milieu K.
Edward C. RosenowChercheur de la Mayo Clinic qui participa aux observations et en rendit compte.
James CoucheMédecin qui, selon le livre, utilisa l’instrument dans son cabinet et décrivit ses expériences.
O. Cameron GrunerChercheur montréalais avec qui furent comparées les cultures et les formes observées des organismes.
Philip HoylandCollaborateur en électronique et associé de Beam Ray ; plus tard, demandeur dans le litige commercial.
Ben CullenAmi de Rife et soutien financier de Beam Ray, dont Lynes cite souvent les souvenirs.
John CraneCollaborateur de Rife à partir de 1950, concepteur de nouveaux instruments et gardien des archives conservées.
Virginia Livingston-WheelerChercheuse dont l’explication microbienne du cancer est rapprochée par Lynes des idées de Rife.
Barry LynesAuteur du livre, qui construit son interprétation de cette histoire à partir des documents conservés et des témoignages.

Lettres, témoignages et détails techniques

1888–1920 : du Nebraska à l’atelier de San Diego

Rife naît en 1888 à Elkhorn, dans le Nebraska. En 1913, à vingt-cinq ans, il arrive à San Diego après avoir traversé le pays en automobile depuis New York. Lynes le présente comme un homme heureux en ménage, attiré par les machines, l’optique, l’électronique et la bactériologie. Ses amis l’appellent Roy et soulignent sa douceur, sa modestie et son extraordinaire habileté.

Ses intérêts vont de la balistique et de la construction de voitures de course à la photographie et à la microscopie. Pour ces premières années, le livre mentionne également son service dans la marine pendant la Première Guerre mondiale et des visites de laboratoires européens pour le gouvernement américain. Rife acquiert les connaissances qui lui permettent de transformer lui-même une idée de recherche en un instrument construit avec précision.

Il commence à fabriquer son premier microscope en 1917 et l’achève en 1920. C’est aussi à cette époque qu’il construit son premier instrument à radiofréquences. En observant les organismes, il se demande si leurs propriétés chimiques et électriques différentes impliquent aussi une réponse différente aux fréquences électriques. Pour ses expériences, il lui faut des microscopes, des tubes, des composants électroniques, du matériel photographique, des cultures de laboratoire et des animaux. Les industriels Timken et Bridges financent le laboratoire et les premières recherches.

Un collaborateur se souvient de Rife au travail

Lynes donne une idée de sa manière de travailler à travers le souvenir d’un collaborateur, recueilli en 1958. Celui-ci décrit un homme qui fabriquait lui-même ses microscopes, son micromanipulateur (un dispositif permettant de déplacer de très petits objets avec une grande précision sous un microscope) et de minuscules instruments chirurgicaux, opérait soigneusement les animaux de laboratoire et passait de longues heures immobile devant ses préparations. Il se souvient également de l’ordre du laboratoire et de la patience de Rife. Ce portrait explique pourquoi ses collaborateurs voyaient en lui bien davantage que l’inventeur d’un seul appareil. [1]

Les années vingt : le désir de voir le vivant

Le premier domaine que le livre décrit en détail est la tuberculose. Rife cherche à déterminer la réponse électrique de son agent et à suivre l’effet au microscope. D’après Lynes, il parvient à détruire les formes bactériennes observées, mais certains animaux de laboratoire meurent malgré tout. Rife en conclut qu’une forme plus petite, invisible à l’œil, subsiste après elles. Pour l’étudier, il lui faut une autre manière d’observer.

Entre 1920 et 1925, environ vingt mille échantillons de tissus sont découpés et colorés. Il ne trouve pourtant pas ce qu’il cherche. Il pense que les colorants chimiques et la préparation des échantillons modifient ou détruisent les structures minuscules avant même que le chercheur les regarde. De cette insatisfaction naît l’idée que Lynes appelle la « coloration par la lumière » : un éclairage approprié rendrait le micro-organisme visible sans la coloration chimique habituelle.

Il achève son deuxième microscope en 1929. Un article en première page du San Diego Union, le 3 novembre, décrit son appareil et ses recherches pour préparer plus rapidement des échantillons vivants. Rife explique au journaliste l’avantage d’un chercheur qui est aussi mécanicien : il connaît la question et peut fabriquer lui-même l’outil pour y répondre. Un article ultérieur compare sa démarche à l’astronomie, où l’observateur reconnaît les corps célestes par leur lumière.

Dans le chapitre consacré aux années vingt, Lynes situe le début des recherches de Rife sur le cancer en 1922. Cette décennie est pour lui une période de travail persévérant qu’il appelle lui-même la science pure. Avec l’article de 1929, la solitude prend fin : arrivent des visiteurs, des lettres, des demandes de démonstration et des propositions de collaboration. Au même moment commence la Grande Dépression. Lynes y voit le passage d’une recherche relativement libre à une décennie où Rife devra résoudre, en plus des questions techniques, des problèmes d’argent, de réputation et d’influence. [1]

1931 : la rencontre avec Kendall et Johnson

Royal Raymond Rife derrière un appareil optique sur une photographie de presse de 1931
Royal Raymond Rife avec un appareil optique. Photographie de presse de décembre 1931, reproduite dans le livre de Lynes, annexe C, page imprimée 145.

En 1931, deux soutiens essentiels entrent dans la vie de Rife. Arthur I. Kendall dirige la recherche médicale à l’université Northwestern de Chicago. Milbank Johnson est médecin, membre de la direction d’un hôpital de Pasadena et un intermédiaire influent dans les milieux médicaux de Californie du Sud. Kendall a entendu parler du microscope inhabituel et demande à Johnson de vérifier les informations.

Johnson rend visite à Rife avec le pathologiste Alvin G. Foord et deux autres médecins. Il informe Kendall de ce qu’il a vu, et celui-ci arrive en Californie à la mi-novembre. Il apporte son milieu de culture, le K Medium. Kendall l’utilise pour étudier des formes bactériennes assez petites pour traverser des filtres qui retiennent les bactéries ordinaires. Il veut maintenant voir ce qu’il a établi à l’aide des cultures et de la filtration.

Le livre décrit une expérience sur l’agent de la fièvre typhoïde. Après la mise en culture et des filtrations répétées, les deux chercheurs observent sous le microscope de Rife de minuscules corpuscules mobiles, bleu turquoise. Lynes mentionne dix-huit répétitions de l’essai. Dans la description optique présentée, l’éclairage polarisé (un éclairage utilisant une lumière dont les oscillations sont orientées d’une certaine manière) contrôlé joue un rôle essentiel : le réglage des prismes permettrait d’obtenir un contraste de couleur marqué entre les corpuscules observés et le fond incolore du milieu de culture.

Le dîner, les articles de presse et les publications de 1931

Le 20 novembre, Johnson organise un dîner en l’honneur de Kendall et de Rife. Plus de trente médecins, pathologistes et bactériologistes y assistent. Le Los Angeles Times relate l’événement deux jours plus tard, puis publie une photographie des deux chercheurs. La description journalistique reprise par Lynes attribue au microscope un grossissement de travail allant de 5 000 à 17 000 fois et souligne le nouvel agencement des lentilles, des doubles prismes de quartz et de l’éclairage puissant.

En décembre, leur article Observations on Bacillus Typhosus in its Filtrable State paraît dans California and Western Medicine. Le supplément d’actualités de la revue Science publie le 11 décembre une brève sur les corpuscules filtrables visibles avec le microscope de Rife. À la fin du mois, un journal rapporte également une présentation devant deux cent cinquante scientifiques. Lynes dépeint 1931 comme le moment où une nouvelle optique et les cultures de Kendall semblaient pouvoir ouvrir un champ de recherche plus vaste. [2]

1932 : un désaccord sur les bactéries, les virus et la manière d’observer

Pour expliquer l’importance des expériences de Kendall, Lynes revient au débat entre Béchamp et Pasteur et au pléomorphisme, c’est-à-dire au changement de forme des micro-organismes. Selon son interprétation, la médecine avait adopté une séparation trop rigide entre bactérie et virus et négligé les chercheurs qui reliaient les différentes formes dans un même cycle de vie. Il inscrit le travail de Rife dans cette longue tradition de recherche, laissée à l’écart à ses yeux.

La conception de Béchamp sur les transformations des microorganismes

Lynes détaille encore l’explication de Béchamp : les changements concerneraient la taille des bactéries autant que leur forme. Béchamp appelait ces minuscules particules des microzymas. Selon lui, un milieu intérieur perturbé leur permettait de devenir des formes associées à la maladie, tandis que de meilleures conditions favorisaient leur retour à des formes plus petites, inoffensives ou utiles. Lynes s’appuie ici sur E. Douglas Hume et son livre Béchamp or Pasteur. Il reprend son idée selon laquelle un accueil différent de ces recherches aurait pu orienter autrement la médecine. Il rapporte aussi son récit de la confirmation des changements de formes bactériennes par Henri à l’Institut Pasteur en 1914. [12]

Il s’intéresse particulièrement à Thomas Rivers, de l’Institut Rockefeller. Rivers défendait une distinction selon laquelle un virus ne se multiplie que dans le tissu vivant d’un hôte. Le rapport de Kendall sur de minuscules formes filtrables dans un milieu artificiel touchait donc au cœur du débat de l’époque. Lynes ne lui attribue pas seulement une importance théorique : il estime que la réputation des principaux chercheurs déterminait aussi l’accès aux financements et la possibilité d’une reconnaissance professionnelle. [12]

Les chercheurs ultérieurs et le débat sur les bactéries et les virus

Dans le récit de Lynes, Kendall n’était pas seul, même pendant les années trente. Dans son livre de 1974, Lida Mattman rappelait que Kleineberger et Dienes avaient décrit, dès le milieu de cette décennie, la culture d’organismes filtrables sur milieu solide et le suivi de leur retour à des formes plus grandes. Lynes situe leurs travaux quelques années après ceux de Kendall et demande pourquoi ils n’ont pas changé l’accueil réservé à ce dernier. Il évoque ensuite le livre de Gerald J. Domingue paru en 1982 : celui-ci soulignait l’abondance des observations expérimentales et cliniques sur les bactéries dépourvues de paroi, mais aussi les grandes lacunes de la recherche sur leur rôle dans la maladie. [12]

L’autre exemple de Lynes est Peyton Rous, de l’Institut Rockefeller, qui montra en 1911 un lien entre un virus et le cancer. L’auteur décrit des décennies dominées par l’explication de la mutation somatique, qui attribuait le cancer à une modification de la cellule elle-même ; Rous ne reçut le prix Nobel qu’en 1966, cinquante-cinq ans après sa découverte, à quatre-vingt-six ans. Lynes reprend ensuite une conclusion bien plus large de Mattman et d’Alexander-Jackson : puisque l’agent de Rous aurait produit à la fois de l’ADN et de l’ARN, elles l’associaient à une bactérie filtrable. Il présente cet argument comme une objection à la distinction de l’époque entre virus et bactéries, et comme un appui à son récit de formes vivantes négligées. [12]

Kendall intervient les 3 et 4 mai 1932 à la réunion de l’Association of American Physicians à Baltimore. Lynes rapporte que Rivers a d’abord tenté d’empêcher sa présentation, puis exigé que Hans Zinsser et lui puissent également prendre la parole. N’ayant pas réussi eux-mêmes à reproduire les résultats de Kendall, ils le traitent de menteur devant l’assemblée. Ses défenseurs répondent que les adversaires n’ont pas suivi son protocole. William H. Welch prend son parti et qualifie l’observation de progrès médical. Pour Lynes, c’est un moment décisif où l’autorité personnelle et institutionnelle met un frein à un intérêt plus large.

Le témoignage de la famille Rosenow et la critique de Lynes

Indépendamment de l’intervention de Kendall, Lynes rapporte un témoignage familial concernant Rosenow. Son fils, Edward C. Rosenow Jr., raconta que des chercheurs de l’Institut Rockefeller avaient presque accusé son père de malhonnêteté expérimentale. Celui-ci lui répondait que ses adversaires refusaient simplement d’écouter. Le récit du fils concernant ses années d’études à Harvard est particulièrement significatif : Zinsser lui aurait avoué ne pas même avoir utilisé le milieu de Rosenow père lors de sa tentative infructueuse de reproduction des expériences. Lynes y voit plus qu’une différence de méthode de laboratoire : il présente un rejet prononcé avant que les conditions fondant le rapport initial aient réellement été mises à l’épreuve. [12]

L’auteur ne réserve pas ses critiques aux adversaires. Dans un chapitre ultérieur, il reproche à Kendall de ne pas avoir mentionné Rife ni souligné l’importance de son microscope pendant sa présentation et sa défense. Selon Lynes, il aurait dû attirer l’attention sur l’instrument qui permettait de montrer les observations. Au lieu de cela, la discussion est restée enfermée dans un conflit entre écoles bactériologiques opposées.

Du 5 au 7 juillet, Edward C. Rosenow, de la Mayo Clinic, travaille avec Kendall et Rife dans le laboratoire de Kendall à Chicago. Il décrit les corpuscules turquoise observés dans une publication de la Mayo Clinic, puis le 26 août dans Science. Dans une lettre à Rife, il souligne tout particulièrement l’importance de l’éclairage monochromatique (un éclairage utilisant une lumière d’une seule couleur ou d’une gamme étroite de longueurs d’onde) et lui demande d’en expliquer les principes physiques. Rife oriente déjà ses efforts vers un nouvel objectif : utiliser le milieu de Kendall pour rechercher l’organisme qu’il associe au cancer. [2] [7]

Médecine et pouvoir : l’arrière-plan du récit de Lynes

Lynes ne conçoit pas son récit comme la seule biographie d’un inventeur. Dans le chapitre consacré à la médecine américaine, il cherche à expliquer pourquoi une méthode qu’il juge efficace n’a pas pu se diffuser plus largement. Il décrit les liens entre associations médicales, établissements de recherche privés, entreprises pharmaceutiques, publicité et, plus tard, organismes publics. Son accusation centrale est que les intérêts de ces groupes ont pris le pas sur la volonté d’examiner le travail d’un chercheur extérieur à leur cercle.

Comment Lynes explique le pouvoir des institutions et le financement de la recherche

Pour expliquer le pouvoir de l’AMA, Lynes remonte à sa réorganisation de 1901. Selon son récit, elle devint une fédération d’associations médicales des États, liant l’appartenance aux sociétés médicales locales à une adhésion au niveau de l’État. Elle finit ainsi par englober la majorité des médecins. L’agrément des facultés de médecine lui donna ensuite une influence sur la formation, les normes et les pratiques acceptables. Lynes rattache aussi cette évolution aux autorisations d’exercer : selon lui, un médecin persistant hors des cadres admis risquait son avenir professionnel. Ce contexte prépare ses descriptions ultérieures des pressions sur les utilisateurs des instruments de Rife. [12]

Il attribue un rôle particulier à Morris Fishbein et à l’Association médicale américaine, l’AMA. Il s’appuie aussi sur l’écrivain Morris A. Beale, qui critiquait le lien entre publicité dans les revues médicales et approbation des produits. Il reprend dans son exposé le cas du produit Maelum : l’approbation aurait été suivie d’une proposition publicitaire, puis retirée après le refus de celle-ci. Lynes présente ainsi un fonctionnement commercial dans lequel il inscrira plus tard le témoignage de Cullen sur la tentative d’acquisition d’une participation dans la technologie de Rife.

Le livre demande donc aussi où se trouvait le gouvernement fédéral lorsque la collaboration autour de Rife rencontra des difficultés en 1938–1939. Lynes répond que les NIH étaient encore une petite institution, qui s’installait seulement dans ses locaux permanents de Bethesda, tandis que le National Cancer Institute n’avait été créé qu’en 1937. Le financement fédéral de la recherche sur le cancer débutait à peine. Il décrit parallèlement le lobbying de Fishbein à Washington en 1938 contre la première tentative de Roosevelt d’établir un programme national de santé. L’auteur réunit ces circonstances pour expliquer l’absence, à ses yeux, d’un contrepoids extérieur assez fort aux décisions des organisations médicales. [12]

Un autre volet de son explication concerne le financement de la science. L’Institut Rockefeller, les fondations privées et les entreprises pharmaceutiques jouaient un rôle important dans le choix des orientations de recherche. Pour la période suivante, le livre met en avant Cornelius P. Rhoads, Memorial Sloan-Kettering et l’American Cancer Society. Lynes relie leurs orientations à l’opposition aux recherches de Livingston et d’autres défenseurs d’une explication microbienne du cancer.

Lynes relie l’orientation ultérieure de Rhoads à sa direction du service de guerre chimique de 1943 à 1945 et à sa défense de la chimiothérapie après la guerre. À son récit du retrait des soutiens au laboratoire de Livingston, il ajoute une enquête fiscale qu’aurait déclenchée une personnalité influente non nommée de New York. Il présente l’American Cancer Society comme une organisation fondée en 1913 par John D. Rockefeller Jr. et ses associés d’affaires. Parmi ses dirigeants d’après-guerre, il cite des cadres pharmaceutiques, des publicitaires, des administrateurs de Sloan-Kettering et des défenseurs des traitements établis. S’appuyant sur Ralph Moss, il affirme que la distribution des fonds de recherche consolidait les alliances et compliquait le travail des opposants. [12]

Le chapitre ne se termine toutefois pas par une simple liste d’intérêts. Par l’intermédiaire de Moss, Lynes reprend l’idée du chimiothérapeute David Karnofsky selon laquelle un traitement doit être jugé sur son efficacité : ni la réputation de son promoteur, ni l’attrait de sa théorie, ni ses soutiens célèbres, ni les témoignages des patients ne devraient être décisifs. Il y ajoute l’insistance du prix Nobel Charles Huggins sur la guérison du cancer. Lynes retourne ces deux idées contre les institutions qu’il critique. Il en conclut que même une explication inhabituelle devrait bénéficier d’une évaluation équitable de ses résultats. Il applique ensuite ce principe aux réactions suscitées par Rife. [12]

Cet arrière-plan explique la vigueur du sous-titre Fifty Years of Suppression. L’auteur considère que le travail de Rife ne s’est pas perdu par hasard, mais à la suite d’une série de décisions prises par des personnes capables d’en empêcher le financement, la publication ou l’utilisation des appareils. C’est avec ce regard qu’il suit les événements suivants : l’enthousiasme initial des médecins, la recherche toujours plus difficile de soutiens et, finalement, la désagrégation de la collaboration. [12]

1932–1933 : BX, l’instrument à fréquences et le Microscope universel

Le microscope universel de Rife de 1933, avec sa vaste construction optique et mécanique
Le microscope universel de 1933. Photographie de l’annexe G du livre de Lynes, page imprimée 149.

En 1932, Rife reçoit un échantillon de tumeur du sein de l’établissement Paradise Valley, à National City. Les premières cultures ne révèlent pas ce qu’il cherche. Selon le récit publié plus tard dans un article de Newall Jones, le tournant survient lorsqu’une culture reste à proximité d’un tube à argon excité électriquement. Rife observe alors de minuscules particules rouge violacé. Il les désigne par BX et les considère comme le virus du carcinome. Dans le livre, la première description de leurs caractéristiques porte la date du 20 novembre 1932.

Précisions sur les cultures, les expériences et les interprétations de Rife

Lynes indique que Rife et son assistant de laboratoire E. S. Free ont répété le procédé cent quatre fois avec le même résultat. Dans l’exposé ultérieur de Rife apparaissent quatre formes : BX, la forme plus grande BY, associée au sarcome, une forme monococcique (une forme constituée de bactéries sphériques isolées) dans les monocytes (un type de globules blancs) sanguins et une forme fongique appelée Cryptomyces pleomorphia. Rife affirmait qu’elles pouvaient se transformer les unes dans les autres selon le milieu de culture. Dans son rapport de 1953, il décrivait plus de trois cents répétitions d’un cycle où des tumeurs apparaissaient après inoculation (l’introduction de matériel biologique dans un organisme de laboratoire), puis lui permettaient d’isoler à nouveau BX.

Lynes juge particulièrement révélatrice une autre description de Rife. Une culture fongique issue du prélèvement initial d’une tumeur mammaire non ulcérée aurait été conservée en dormance pendant un an, puis replacée sur son milieu à base d’asperges. Rife rapporta n’y avoir trouvé ni forme fongique, ni monococcique, ni BX ou BY, mais un bacillus coli qui aurait répondu aux tests ordinaires de laboratoire. Lynes lit ce récit comme une illustration frappante du pléomorphisme : un changement de milieu aurait transformé l’organisme en quelque chose qu’un autre observateur aurait classé comme une bactérie tout à fait différente. L’accent porte sur le récit de Rife concernant l’origine de la culture et sa transformation. [3]

Dans le même rapport, Rife mentionnait plus de quatre cents expériences réussies sur des animaux avant le passage à l’être humain. Lynes présente ces affirmations comme le cœur du cheminement entre la culture de laboratoire et la clinique. Il relie aussi l’explication de Rife au milieu intérieur de l’organisme : Rife attribuait la maladie à l’action des composants chimiques des micro-organismes sur un métabolisme cellulaire perturbé. Il s’intéressait donc non seulement aux formes visibles, mais également aux conditions dans lesquelles elles apparaissaient. [3]

Une note finale du chapitre étend le récit au milieu de culture lui-même. Lynes décrit K Medium comme une préparation d’intestin de porc séché additionnée d’une solution saline. Selon son résumé, l’irradiation de la culture aurait augmenté la virulence (la capacité à provoquer une maladie ou une forme plus grave de celle-ci) de l’agent supposé et accéléré la formation de tumeurs dans les expériences. Il attribue ensuite à Rife d’autres affirmations : le porc et les champignons constitueraient un milieu naturel de croissance pour cet organisme et une cause naturelle de cancer, et il l’aurait également trouvé dans des orchidées. Le livre présente ces affirmations dans le cadre de ses réflexions plus larges sur les milieux, l’alimentation et le milieu intérieur censé déterminer le comportement des microorganismes. [3]

L’instrument à fréquences complétait le microscope. Rife croyait que chaque micro-organisme possédait une réponse électrique caractéristique et qu’une fréquence appropriée pouvait le neutraliser. Il l’appelait Mortal Oscillatory Rate, ou MOR. Dans l’explication journalistique citée par Lynes, le phénomène est comparé à la résonance d’un diapason ou à la réaction du verre au son. Le livre décrit un générateur, l’amplification du signal et un tube rempli de gaz, ainsi que des observations d’organismes qui se désagrégeaient ou cessaient de bouger. Le microscope permettait de suivre l’expérience, et l’appareil à fréquences d’agir sur la préparation. [7]

Microscopes, optique, comparaisons et classification des organismes

En 1933, Rife achève le Microscope universel, le plus grand et le plus célèbre de ses instruments. Lynes indique pour le microscope de 1929 un grossissement de travail de 5 000 à 17 000 fois ; pour l’Universel, il mentionne, selon le vocabulaire de l’époque, une « résolution » de 31 000 fois et un grossissement de 60 000 fois. La description de Seidel reproduite dans le livre dénombre 5 682 pièces. Selon lui, deux prismes circulaires de quartz en forme de coin, placés entre la source lumineuse et la préparation, polarisaient la lumière. D’autres prismes auraient ensuite redressé les rayons parallèlement avant qu’ils ne se croisent dans l’instrument. Rife soulignait le caractère réglable de l’éclairage monochromatique et la possibilité de photographier et de filmer les phénomènes observés.

Le livre présente la succession complète comme celle de cinq microscopes : l’instrument de 1920, celui de 1929, l’Universel officiellement achevé en 1933, un autre de 1934, puis le dernier, commencé en 1937 et terminé seulement en 1952. Lynes précise que l’Universel a peut-être servi dès 1932, encore inachevé, et que les instruments ultérieurs reprenaient certaines pièces des précédents. Cette succession raconte donc une longue histoire de remaniements et d’améliorations plutôt que cinq objets entièrement distincts. Les débuts du dernier microscope avant la guerre et son achèvement après le retour de Rife au travail relient deux périodes très différentes de sa vie. [3]

Seidel associait certains micro-organismes à des couleurs caractéristiques : la forme filtrable de l’agent de la fièvre typhoïde au turquoise, celle de l’agent de la tuberculose au vert émeraude et BX au rouge violacé. Lynes y voit la particularité d’un instrument qui ne se contentait pas de grossir, mais aurait permis de reconnaître les formes vivantes à leur lumière. En 1933, Rife rédige aussi l’article Viruses and Rickettsia of Certain Diseases et invite d’autres chercheurs à vérifier ses observations. Parallèlement à la construction du microscope, les expériences sur les cultures et les animaux se poursuivent ; Johnson prépare déjà l’étape suivante. [3] [7]

Le livre fournit une comparaison ultérieure avec la démonstration d’un petit microscope de Rife devant des médecins le 16 mai 1942. Selon le compte rendu que Lynes reprend du texte du Smithsonian, un réseau de lignes Zeiss fut examiné d’abord avec un instrument ordinaire, puis avec celui de Rife. Le premier aurait montré cinquante lignes avec des aberrations chromatiques et sphériques, le second cinq lignes très agrandies remplissant tout le champ, sans aberrations apparentes de ce type. Un frottis sanguin non coloré fut ensuite comparé : le rapport évoque cent cellules dans le champ du microscope ordinaire et dix dans celui de Rife. Lynes utilise cette description pour étayer son insistance sur le grossissement et la netteté de l’image. [3]

L’ensemble documentaire se termine par un tableau comparatif des caractéristiques des bactéries et des virus dans l’annexe X. À côté des noms des organismes, il classe leur mobilité, leurs changements de forme, leurs propriétés chimiques ou de polarisation, leur longueur et leur largeur, ainsi que leurs réactions à la chaleur, aux rayons et à d’autres conditions. Il indique aussi les couleurs sous lesquelles ils seraient observables. Aux formes bactériennes ordinaires, il ajoute des formes filtrables, dont l’agent supposé du cancer. Il montre ainsi comment Rife cherchait à organiser des observations individuelles dans un système de recherche commun. Le livre en fait un document historique de sa classification, complétant la description du microscope, des cultures et de l’instrument à fréquences. [14]

1933–1934 : Johnson ouvre la voie aux patients

Dans cette histoire, Johnson joue un rôle différent de celui de Rife. Il organise des visites, écrit des lettres, sollicite des médecins et essaie de réunir un groupe capable de transférer les recherches dans un cadre clinique. En juillet 1933, il prend contact avec Karl Meyer, directeur de la Fondation Hooper à San Francisco. En février 1934, il l’amène au laboratoire de Rife.

Ce que les lettres de Johnson révèlent des réactions de ses collègues

Dans ses lettres à Rife et à Kendall, Johnson décrit l’enthousiasme de Meyer ; celui-ci écrit ensuite qu’il pense encore à ce qu’il a vu et souhaite revenir avec son propre matériel de recherche. Lynes compare plus tard ces lettres aux déclarations plus réservées de Meyer et de Foord sur leur participation. Il voit dans cet écart un exemple de la manière dont d’anciens soutiens ont commencé à s’éloigner de Rife à mesure que les conflits s’aggravaient.

Au printemps 1934, Johnson loue des locaux sur la propriété de la famille Scripps à La Jolla. Le livre évoque un ranch, un bâtiment de bibliothèque ou une annexe. Début avril, il écrit à Kendall qu’au-delà de la question scientifique, la pensée des personnes qui souffrent et meurent du cancer le pousse à agir. Il annonce à Rife son séjour à La Jolla de la mi-juin à la mi-septembre et son souhait d’essayer la méthode sur un être humain si le travail est suffisamment avancé.

Les dispositions concernant les locaux et le comité de recherche

Le 30 avril, il invite Rife à visiter le bâtiment de la bibliothèque avant de conclure un accord définitif sur son utilisation. Dans le récit de Lynes, le travail clinique est associé au Comité spécial de recherche médicale de l’Université de Californie du Sud, dirigé par Johnson. L’auteur étaye également l’existence et la poursuite des activités du comité par la notice biographique de Johnson dans le Who’s Who de 1944–1945. La clinique d’été devient ainsi le centre d’une collaboration de plusieurs années, et non un événement isolé. [3] [4]

L’été 1934 : seize patients à La Jolla

Selon Lynes, seize personnes en très mauvais état arrivent sur la propriété Scripps. Le livre les décrit comme des patients atteints de cancer et d’autres maladies, tandis que le rapport de Rife parle de cas de diverses affections malignes. Lynes présente la clinique comme la principale réussite du travail de Rife : les recherches de laboratoire ont été suivies d’une utilisation auprès de patients que les médecins participants décrivent comme guéris.

Comment le livre décrit le déroulement des traitements

Le livre décrit aussi la clinique comme une période d’apprentissage par la pratique. Selon son récit, les médecins répétaient d’abord les interventions plus souvent, puis allongèrent les intervalles. Rife l’expliquait par une accumulation supposée de produits de dégradation et par le besoin de l’organisme de les éliminer. Dans son rapport ultérieur, il souligna que les patients ne ressentaient ni douleur, ni bruit, ni autre stimulus perceptible pendant le fonctionnement de l’instrument ; ils n’auraient vu qu’un tube allumé. Il écrivit aussi qu’aucun régime particulier n’avait été utilisé et qu’aucune hausse de température n’avait été observée. Lynes donne ces détails comme une description historique de l’organisation du premier essai et de l’explication par Rife du rétablissement rapporté. [4]

Dans son rapport daté du 1er décembre 1953, Rife écrit qu’au bout de trois mois, le groupe médical a déclaré quatorze des seize cas cliniquement guéris. Il cite cinq médecins et le pathologiste Alvin G. Foord ; le livre mentionne également Kendall, Couche, Meyer et d’autres participants. Son explication est que l’instrument neutralise le micro-organisme et que le corps se rétablit ensuite. Lynes relie ce rapport aux témoignages des médecins et à la correspondance conservée.

Les différentes indications chronologiques et le cas de Tom Knight

Le livre décrit aussi expressément les deux patients restants. Au quinzième chapitre, il indique qu’ils ont été déclarés guéris un mois après la fermeture de la clinique. Au seizième chapitre, il résume l’événement avec une autre chronologie : quatorze patients en soixante-dix jours et les deux autres en quatre-vingt-dix jours. L’introduction parle des seize en trois mois. L’affirmation principale du livre est donc celle de seize guérisons, mais ses indications temporelles ne sont pas tout à fait identiques ; nous les conservons ici telles qu’elles sont formulées. [4] [7] [9]

La lettre de Kendall du 20 septembre 1934 s’attarde sur Thomas, ou Tom, Knight. La lésion de sa joue pouvait être observée et mesurée ; Kendall a donc consigné ses dimensions et le détail des examens. Dans la lettre, il annonce qu’il présentera le travail de Rife au président du conseil d’administration de l’université. Il y qualifie également le travail d’expérimental et explique le besoin d’un appareil plus puissant. Les lettres ultérieures de Johnson reviennent sur Knight : en 1935, il demande à Rife de lui rendre visite et d’examiner son visage, ses ganglions et sa lèvre.

Dans une déclaration de 1956, James Couche décrit un agriculteur atteint d’un cancer de l’estomac qu’il a vu à la clinique. L’homme était tellement affaibli que Couche pensait, lors de l’examen, qu’on ne pouvait plus rien faire pour lui. Selon son témoignage, il s’est rétabli en environ six semaines à deux mois, est reparti dans sa ferme d’El Centro, a passé une nuit au chevet d’une vache malade et est revenu. Après cette visite, Couche a souhaité obtenir son propre instrument. Le livre indique qu’il l’a utilisé dans son cabinet pendant vingt-deux ans ; dans le même témoignage, il décrit aussi le rétablissement d’un garçon atteint d’ostéomyélite (une infection osseuse).

Le témoignage de Couche sur un garçon atteint d’une infection osseuse

L’autre souvenir détaillé de Couche concerne un garçon mexicain de neuf ans atteint d’ostéomyélite de la jambe, qui portait une attelle et marchait avec des béquilles. Selon le médecin, son os avait été nettoyé chaque semaine à l’hôpital Mercy, si bien qu’il craignait de nouvelles douleurs en arrivant au cabinet. Couche raconta lui avoir d’abord montré l’instrument sur sa propre main, puis l’avoir utilisé sans retirer le bandage ni l’attelle. Il affirma que la plaie s’était refermée en moins de deux semaines et que le garçon était ensuite devenu un homme robuste, sans récidive. Lynes présente ce récit comme le souvenir personnel de Couche concernant une utilisation ultérieure dans son cabinet. [4]

Lynes ne passe pas sous silence les difficultés de documentation. En décembre 1935, Johnson explique à Mildred Schram qu’il a d’abord dirigé la clinique pour se convaincre personnellement de l’action de l’instrument dans le corps vivant. Sans infirmières ni secrétaires, les notes étaient véridiques mais fragmentaires, et n’étaient pas préparées pour un examen approfondi par d’autres chercheurs. Désormais désireux d’obtenir un soutien plus large, il reconnaît la nécessité de tenir les dossiers autrement.

L’auteur relie la perte ultérieure des documents au prêt des dossiers de Rife à Arthur Yale, à leur conflit consécutif aux modifications de l’appareil et à la disparition des archives universitaires après la mort de Johnson. Malgré ces lacunes, il estime que les lettres, le rapport de 1953, les témoignages médicaux et la poursuite du travail clinique confirment suffisamment l’histoire qu’il raconte. Il conclut que la clinique a été une première expérience aux résultats considérables, qui aurait pu déboucher sur un travail plus vaste avec un soutien approprié. [4]

1935 : de nouveaux appareils, de nouveaux collaborateurs et une deuxième clinique

Reprenant la comparaison de Johnson, Lynes appelle l’année 1935 une ascension de montagne. Le développement des instruments, la conception d’un nouveau laboratoire, les préparatifs d’une deuxième clinique et les discussions avec d’éventuels financeurs se déroulent simultanément. Le journaliste Newall Jones a eu connaissance de l’histoire dès septembre 1934, mais il attend mai 1938 avant d’en publier un récit approfondi.

Le chercheur montréalais O. Cameron Gruner est un visiteur important. À partir du sang de patients, il a obtenu une forme fongique dans son milieu à base d’asperge. Selon Lynes, Rife a obtenu BX à partir de la culture de Gruner sur le milieu K, puis a retrouvé la forme fongique en plaçant son propre BX sur le milieu de Gruner. Johnson résumera plus tard leurs expériences comme la constatation commune qu’il s’agit de formes différentes d’un même organisme. Il cherche donc à faire venir Gruner à San Diego pour une collaboration plus longue.

Mme Young, le travail de laboratoire et le développement des instruments

Parmi les reproductions des lettres de Johnson figure aussi le cas de Mme Young. En mai 1935, il rapportait une diminution des grosseurs au cou et proposait une nouvelle visite. Dans une lettre de septembre, il décrivait le résultat de Foord concernant un cobaye inoculé avec du matériel provenant de ses ganglions : l’examen confirmait une infection tuberculeuse. Johnson envisageait ensuite les granulations de Much comme une autre forme possible du même organisme et la nécessité d’étudier leur réaction à l’instrument. La lettre montre aussi les consultations avec George Dock et la prudence devant une éventuelle réaction. Dans le scan utilisé, la lettre de mai apparaît deux fois ; il s’agit du même document, et non de deux témoignages distincts. [14]

Philip Hoyland rejoint le travail sur l’électronique. Avec Rife, Jack Free et Johnson, il participe à une nouvelle version du générateur, achevée en septembre. Les lettres de Johnson décrivent la difficile concordance entre le nouvel appareil et l’ancien, ainsi que le grand nombre de réglages possibles. Le livre présente ces versions comme les étapes d’un développement continu visant à améliorer la précision, la reproductibilité et la facilité d’utilisation des instruments.

Rife construit aussi un microscope plus petit, destiné à une diffusion plus large dans les laboratoires. Johnson évalue le coût de l’Universel à environ 30 000–35 000 dollars, tandis que le petit modèle pourrait être vendu 1 000 dollars ou moins. En août, E. L. Walker, de la Fondation Hooper, passe trois semaines à apprendre à travailler avec le microscope et les cultures. Il poursuit ensuite ses recherches à San Francisco, mais les lettres citées par Lynes décrivent les difficultés liées au manque de coopération et d’échantillons de tissus.

Pendant la première semaine de novembre, Johnson ouvre la deuxième clinique à l’hôpital Santa Fe de Los Angeles. Cette fois, il tient des dossiers cliniques plus soigneux. Parallèlement, il suit certains patients de 1934, notamment Tom Knight et Wayne Grayson. À la fin de l’année, le comité se réunit à Los Angeles. Lynes résume l’année comme une avancée importante dans les instruments, la collaboration en laboratoire et le travail clinique, tandis que la question décisive du financement reste ouverte. [5]

1935–1937 : argent, vérifications et collaboration manquée

L’International Cancer Research Foundation de Philadelphie semble d’abord promettre un soutien qui permettrait à Rife d’élargir ses recherches. En mars 1935, elle demande des renseignements et des photographies ; en juin, Johnson apprend que quatre compagnies d’assurance s’intéressent aussi au financement, à condition que la fondation approuve le travail. Sa secrétaire, Mildred Schram, visite le laboratoire en juillet, mais elle est pressée. Johnson lui rappelle que Walker a eu besoin de trois semaines pour se familiariser avec les procédures. Schram envoie ensuite des souris et demande que soient identifiés les agents de leurs tumeurs. Johnson répond qu’ils se sont jusque-là consacrés à l’organisme qu’ils associent au cancer humain et que ces nouvelles tâches représenteraient un écart considérable par rapport au travail prévu.

La correspondance sur les financements, les essais supplémentaires et les comptes rendus cliniques

Dans une lettre du 15 octobre 1935, il emploie l’image d’une ascension : celui qui redescend sans cesse pour emprunter une autre voie peut s’épuiser avant d’atteindre le sommet. Le président de la fondation, William H. Donner, manifeste beaucoup d’intérêt, mais Schram insiste sur ses propres essais. En décembre, elle annonce le report de la décision de financement ; elle abandonne toutefois sa demande initiale et souhaite à la place des détails sur la clinique de 1934, cautionnés par l’autorité de George Dock. Johnson propose de nouveau plusieurs semaines de travail commun avec un représentant qualifié de la fondation. Lynes interprète ce long échange de lettres comme un exemple de la manière dont les exigences personnelles et les procédures institutionnelles ont pris le pas sur une recherche prometteuse.

Début 1936, Johnson et Henry Timken organisent la construction du nouveau laboratoire. Les fondations sont posées en avril et Rife s’y installe vers la fin juillet. Entre-temps, Hoyland et lui remanient l’électronique et développent une nouvelle manière de produire et d’étudier les formes d’ondes. Une visite de Donner ouvre la possibilité d’une démonstration à Philadelphie. Rife y arrive le 9 mai 1936. Selon une lettre ultérieure de Johnson, on lui remet six ou sept tumeurs sans comptes rendus anatomopathologiques (des rapports d’examen des tissus aidant à déterminer la nature d’une maladie). Rife rapporte qu’elles ont toutes été irradiées, sauf trois ; à partir de ces trois dernières, il obtient, selon son procédé, le BX caractéristique.

Le mycologue (un chercheur qui étudie les champignons) Dodge travaille avec Rife. Johnson souligne qu’ils ont opéré ensemble, consigné chaque étape et signé tous deux leurs notes chaque jour. Il est donc profondément déçu par la lettre de Donner du 22 mai, annonçant qu’aucun soutien ne sera accordé avant une centaine de jours au moins. Il estime que la promesse d’une aide après une démonstration réussie n’a pas été tenue. Il propose que la fondation finance le travail de Gruner auprès du microscope de Rife à San Diego, au lieu d’un nouvel expérimentateur à Philadelphie. Donner refuse le 2 juin. La fondation souhaite poursuivre ses propres essais ; lorsqu’elle écrit de nouveau à Rife à l’automne, il ne répond plus.

Parmi les rapports individuels conservés, Lynes souligne aussi une lettre de l’ophtalmologiste Harry Goodman datée du 28 avril 1936. Elle concernait Julia M. Gowdy, qu’il avait examinée le 23 mars. Goodman rapportait à Johnson une amélioration de la vision de vingt-neuf pour cent d’un œil et de dix pour cent de l’autre, en un peu plus d’un mois. Il décrivait également le progrès par une tâche quotidienne : elle avait eu du mal à lire l’annuaire téléphonique, mais trouvait désormais les numéros bien plus vite. Dans le récit de Lynes, ces lettres rattachent les rapports généraux de Johnson sur les troubles oculaires à un nom, à des dates d’examen et à l’observation d’un autre médecin. [5]

Sur place, le travail continue. En septembre 1936, Couche et Jack Free entreprennent de nouvelles activités cliniques à San Diego. Lynes cite ses notes, selon lesquelles les trois premiers patients atteints de cancer se sont entièrement rétablis. Le même mois, Johnson ouvre une clinique dans une maison de retraite de Pasadena. Il écrit à Gruner au sujet de patients atteints de tuberculose, de carcinome, d’ulcères et d’autres troubles, ainsi que de résultats que son correspondant aurait du mal à croire sans les voir lui-même. À Meyer, il décrit une amélioration exceptionnellement rapide des plaies. En décembre arrive encore une nouvelle de Walker, à San Francisco : il aurait d’abord isolé lui-même la forme fongique, puis, à partir d’une tumeur du sein, des particules mobiles colorées qu’il suppose être le BX de Rife.

Le parcours de Walker fut interrompu peu après. En avril 1937, la maladie le contraignit à abandonner ses recherches ; un autre médecin le remplaça mais, selon Lynes, ne fit aucun progrès. Au milieu de l’année, les travaux de San Francisco étaient pratiquement terminés. Johnson soulignait qu’en environ un an et demi Walker n’avait obtenu que cinq ou six tumeurs de ses collègues chirurgiens, considérant leur manque de coopération comme un obstacle majeur. Rife connaissait lui aussi des problèmes de santé : ses yeux l’obligèrent à retourner à Louisville en mai. La tentative de reproduction en laboratoire s’achève ainsi par une combinaison de maladie, de matériel limité et de continuation infructueuse. [5]

Au début de 1937, Johnson et Dock tentent, par l’intermédiaire de Charles Martin, d’obtenir des fonds de McGill pour faire venir Gruner. La tentative échoue. Le comité décide qu’il faut d’abord établir solidement l’origine du cancer, puis seulement présenter publiquement le traitement. Johnson veut éviter les annonces prématurées et les faux espoirs ; Lynes considère cette prudence comme une occasion manquée aux conséquences désastreuses. Johnson ferme la clinique de Pasadena le 28 mai 1937 et écrit à son confrère Heitger sur la vision retrouvée de nombreux patients atteints de cataracte (une opacification du cristallin de l’œil). Il passe l’été auprès de Couche à La Jolla, puis reprend les consultations à Los Angeles à l’automne. [5]

1937–1938 : Beam Ray et la promesse d’une production plus large

À l’automne 1937, une voie commerciale s’ouvre. Philip Hoyland s’installe à San Diego et s’associe au promoteur Hutcheson, au médecin James Couche et à Ben Cullen, ami de Rife depuis ses premières années dans la ville. Ils fondent Beam Ray ; Cullen apporte le capital de départ. Après réflexion, Rife donne son accord à deux conditions : les appareils doivent conserver les principes fondamentaux de son instrument, et chacun doit être soigneusement testé avant livraison pour vérifier son action sur les micro-organismes. Le livre dénombre quatorze instruments construits : deux pour l’Angleterre, deux pour l’Arizona et dix pour des médecins de Californie.

La commande anglaise et les problèmes de livraison

En mai 1938 arrivent d’Angleterre B. Winter Gonin, W. V. Blewett et leur collaborateur Parsons. Ils commandent un microscope, discutent de sa diffusion depuis Londres et achètent les deux premiers appareils Beam Ray avant même leur fabrication. Lorsque ceux-ci arrivent en Angleterre pendant l’été, leur câblage électrique n’est pas terminé. Rife n’était pas à San Diego au moment de l’expédition et ne les avait pas contrôlés. Lynes soupçonne Hoyland d’avoir compté sur un voyage payé pour les achever. Après des lettres sévères, Rife promet l’aide de son collaborateur Henry Siner et prévoit de le rejoindre lui-même au milieu de 1939.

Richard Hamer loue d’abord le troisième appareil pour le Paradise Valley Sanitarium. Selon Lynes, il doit le retirer lorsque les autres médecins commencent à perdre des patients ; il ouvre donc un cabinet à National City. Cullen racontera plus tard qu’environ quarante traitements y étaient effectués chaque jour par deux opérateurs formés, avec des dossiers soigneusement conservés. Il se souvient particulièrement d’un homme de quatre-vingt-deux ans, venu de Chicago, présentant une vaste lésion maligne du visage et du cou. Selon son récit, après plusieurs mois de traitement, il ne reste qu’une petite tache sombre et le patient rentre chez lui.

Le récit de Cullen relie ce cas à Morris Fishbein, personnage influent de l’Association médicale américaine. Fishbein aurait appris à Chicago l’existence du traitement et aurait tenté, par l’intermédiaire de représentants de Los Angeles, d’acquérir une participation dans l’entreprise. Après le refus de l’offre, Hoyland aurait obtenu une assistance juridique coûteuse. Il estimait que sa contribution technique méritait une part plus importante que celles des autres associés. Lynes présente son action en justice ultérieure comme une tentative de prise de contrôle de Beam Ray, soutenue par les intérêts de l’AMA. Dans ce lien entre conflit commercial et influence de l’association, il voit le début de la destruction organisée du travail de Rife.

En public, Rife reste prudent. Dans l’article de Newall Jones paru dans le San Diego Evening Tribune en mai 1938, il ne souhaite pas affirmer avoir guéri le cancer ou une autre maladie. Il souligne la destruction observée des micro-organismes, tant dans les cultures que, sous certaines conditions, dans les tissus vivants. Lynes rapproche ensuite cette déclaration du texte plus affirmatif de 1953, dans lequel Rife décrit les guérisons de la clinique de 1934. Entre les deux se trouvent les échecs de financement, la rupture de la collaboration commerciale et une longue période au cours de laquelle il doit reconstruire son travail. [6] [7]

1939 : un procès gagné, un groupe brisé

La visite de Siner dans un centre médical de New York

En janvier 1939, en route pour l’Angleterre, Henry Siner visite un centre médical à New York. Dans une lettre à Rife, il décrit les bâtiments gigantesques et l’espace étonnamment réduit consacré à la recherche bactériologique. Lorsqu’il évoque un microscope censé montrer des formes invisibles avec l’optique habituelle, on le rejette d’abord. Il présente ensuite les publications de Kendall et de Rosenow ; selon son récit, l’atmosphère se transforme alors en vif intérêt. Lynes utilise cette scène pour introduire le contraste entre le petit laboratoire de Rife et les puissantes institutions médicales dont celui-ci menaçait, à ses yeux, les conceptions établies.

Rife prépare son départ pour l’Angleterre en mai lorsqu’il reçoit une citation à comparaître. L’action de Hoyland contre Beam Ray arrive devant le juge Edward Kelly le 12 juin 1939. L’avocat Bert Comperet représente la société. Lynes décrit Rife comme un homme désemparé par la dureté du contre-interrogatoire. Cullen se souvient de ses mains tremblantes, de son tabagisme croissant et de l’alcool avec lequel il essaie de calmer ses nerfs. Dans son récit, c’est précisément là que commence la dépendance qui interrompra régulièrement le travail au laboratoire.

Pendant le procès et après celui-ci, des représentants de l’AMA rendent visite aux médecins et les poussent à abandonner les appareils sous peine de compromettre leur autorisation d’exercer, selon Lynes. Hamer restitue rapidement son instrument. Des membres du comité de Johnson se retirent également, mais Johnson persiste. L’auteur voit dans le litige une composante de la même pression qui ferme les cabinets, désorganise la collaboration et empêche la présentation publique des résultats obtenus. Il s’appuie sur les souvenirs des collaborateurs et sur le destin ultérieur du groupe de recherche.

Beam Ray gagne le procès. Kelly refuse à Hoyland la réparation demandée parce qu’il ne croit pas qu’il ait agi honnêtement dans ses affaires. Il exprime sa confiance dans les autres administrateurs de la société, tout en précisant que le tribunal ne juge pas de la valeur de l’appareil. Lynes écrit que le rôle présumé de l’AMA n’a pas été examiné au procès et ajoute que Kelly aurait ensuite proposé de représenter la société dans une nouvelle action contre l’association. Mais Cullen est ruiné, a même perdu sa maison et doit trouver un emploi. La société a gagné ; le groupe n’a plus les forces nécessaires pour poursuivre le travail prévu.

La lettre de Gruner, la question de l’observation et l’incendie du laboratoire

Plus tard en 1939, Gruner écrivit à Johnson au sujet d’un obstacle très proche. Il décrivait une visite à Rous à l’Institut Rockefeller et la comparaison de ses photographies avec les discussions sur les « corps élémentaires », qu’il jugeait apparentés à BX. Après avoir visité les recherches sur l’organisme de Glover à Washington, il conclut qu’ils observaient la même phase minuscule, mais que son évolution en cocci et en bacilles restait une question ouverte. Dans son propre établissement, un immunologiste et un bactériologiste vérifièrent ensuite ses travaux, avec, disait-il, un préjugé défavorable à tout microorganisme du cancer. Il rapportait que les progrès avaient cessé pendant presque neuf mois. Lynes utilise la lettre pour montrer les conséquences quotidiennes du grand débat théorique. [6]

Dans la même lettre, Gruner soutenait fermement le microscope de Rife. Selon lui, des opticiens londoniens l’avaient raillé en invoquant les longueurs d’onde ; il pensait que les problèmes tenaient surtout à l’éclairage et à la volonté d’examiner du matériel vivant. Il affirmait que des chercheurs négligeaient sur leurs propres images des particules qu’il reconnaissait. Lynes rapproche ce passage de la biographie de Barbara McClintock, prix Nobel de 1983, écrite par Evelyn Fox Keller. Il en retient la patience de l’observation, la connaissance de l’organisme et l’ouverture à l’inattendu. Cette comparaison lui sert à expliquer pourquoi disposer d’un instrument ne garantit pas, selon lui, que chacun verra la même chose. [6]

Lynes évoque aussi l’incendie qui détruit au printemps 1939 le laboratoire de recherche de J. C. Burnett dans le New Jersey. On y étudiait depuis quinze ans l’énergie électrique dans ses rapports avec le corps humain ; les recherches étaient financées par l’épouse de Burnett, Cora B. Timken, parente du mécène de Rife. L’incendie se déclare pendant leur visite chez Rife en Californie. Lynes le présente comme une étrange coïncidence, l’année même où le groupe de San Diego subit les pressions les plus fortes. [6]

Les années quarante : un soutien perdu et un microscope privé de prisme

Même après la dissolution de Beam Ray, Johnson cherche une voie vers la reconnaissance. En 1942, il envoie son instrument à Gruner, au Canada. Lynes écrit que celui-ci, par crainte, le laisse inutilisé, puis le remet à un prêtre radioamateur qui en récupère des pièces pour la radio. À San Diego, Couche persiste jusqu’au milieu des années cinquante ; selon le livre, il perd pour cette raison son adhésion à l’AMA. En 1944 encore, Johnson se présente dans ses renseignements biographiques comme le président du comité de recherche. Sa mort, la même année, prive Rife de son principal organisateur et intermédiaire.

Soupçons, comparaisons entre microscopes et devenir de l’instrument

Lynes décrit plusieurs soupçons entourant la mort de Johnson. Une rumeur veut qu’il ait prévu de publier les résultats du traitement du cancer juste avant son hospitalisation. L’auteur précise expressément que les indices d’une éventuelle élimination sont indirects, puis rapporte que deux inspecteurs fédéraux auraient jugé l’empoisonnement probable en examinant le dossier hospitalier à la fin des années cinquante ou au début des années soixante. Après la mort de Johnson, les archives du comité auraient elles aussi été détruites. Cullen reliait cela à la peur que le sujet controversé inspirait à l’université. Dans le récit de Lynes, la disparition de l’homme et celle des documents sont deux coups portés au même travail.

Lynes situe un épisode antérieur de la période de guerre en 1940–1941, lorsque le microscope électronique commença à s’imposer. Selon son récit, Rife se rendit en Allemagne et compara ce nouvel instrument à son système optique de 1929. L’auteur lui attribue le jugement immédiat que sa propre solution convenait mieux à son objectif : observer des microorganismes vivants. Dans l’explication de Lynes, la préparation en microscopie électronique détruit le spécimen et empêche donc de suivre les transformations d’un même organisme vivant. Il utilise cet épisode pour expliquer la divergence entre l’objectif de Rife et l’orientation ultérieure de la microscopie, qu’il associe aux habitudes d’observation différentes de toute une génération. [7]

Le microscope continue cependant à attirer l’attention. Raymond E. Seidel commence à l’étudier en 1942 et passe trois semaines au laboratoire. Avec sa coauteure M. Elizabeth Winter, il publie un article dans le Journal of the Franklin Institute en février 1944 ; une réimpression suit la même année dans le rapport annuel de la Smithsonian Institution. Il décrit l’optique complexe, les prismes de quartz et l’éclairage censé permettre de distinguer les micro-organismes vivants. L’article mentionne aussi leur réaction à des fréquences létales. Selon le livre, des lettres de laboratoires intéressés arrivent encore plusieurs années après sa publication.

Entre 1944 et 1946, un nouveau technicien aurait volé un précieux prisme de quartz du Microscope universel, le rendant inutilisable. Lynes relie l’événement à la publication de l’article de Seidel : il voit dans celle-ci une brèche dans le silence, et dans le vol une attaque contre l’instrument qui rendait possibles de nouvelles observations. Seidel aurait remarqué qu’on le suivait ; puis, alors qu’il conduisait, une balle aurait traversé le pare-brise de sa voiture. Le livre raconte ces incidents comme des éléments d’une intimidation plus large visant les personnes qui parlaient encore publiquement des découvertes de Rife.

D’autres collaborateurs disparaissent du travail commun. Par l’intermédiaire de Cullen, Lynes rapporte que Kendall aurait reçu une importante somme d’argent, se serait retiré au Mexique et y aurait perdu sa fortune. Il a ensuite vécu auprès de sa famille à La Jolla, où il est mort en 1959. Rife conserve son laboratoire jusqu’en 1946, puis commence à le vendre pièce par pièce. Le livre décrit l’entremêlement de l’alcool, du manque d’argent et d’une interruption de plusieurs années des recherches, dont deux années dans un établissement de traitement de la dépendance d’où il aurait finalement fui. En 1950, il revient à la recherche. Cette fois, John Crane est à ses côtés. [6] [7]

1950–1960 : John Crane et une deuxième génération d’appareils

Royal Raymond Rife en 1960 à côté d’un appareil de laboratoire
Rife dans son laboratoire en 1960. Photographie de l’annexe U du livre de Lynes, page imprimée 164.

John Crane rencontre Rife en 1950 et décide de consacrer ses connaissances en électronique et en mécanique à la poursuite de son travail. Il obtient de Gruner l’un des schémas de circuit d’origine et fait appel à Verne Thomson, spécialiste en électronique de la police de San Diego, pour construire de nouveaux instruments. Rife ne reste pas seulement un enseignant : selon Lynes, Crane et lui développent les appareils ensemble. Crane l’encourage aussi avec insistance à écrire. En avril 1953 paraît le premier document protégé par le droit d’auteur sur le virus du cancer ; la description du traitement est achevée en décembre, puis protégée à son tour l’année suivante.

À partir de 1954, Crane écrit au National Cancer Institute et à d’autres organismes publics. Le livre critique vivement l’évaluation d’un comité du National Research Council de la même année : selon Lynes, celui-ci, sans examiner les instruments ni consulter Rife, Gruner et Couche, conclut que les découvertes ne peuvent pas fonctionner. L’auteur souligne que les institutions publiques continueront longtemps à se référer à cette évaluation. Pendant ce temps, Crane et Rife poursuivent leurs efforts avec des moyens limités. Faute de pouvoir construire un grand tube rempli de gaz, de forte puissance, ils mettent au point entre 1954 et 1957 un instrument plus petit, en contact avec le corps.

La lettre de Rife et les déclarations de Tully et de Blanche Jones

Rife consigna aussi son appréciation des instruments ultérieurs dans une lettre de 1956, que Lynes cite à la fin du chapitre sur le microscope et l’instrument à fréquences. Il disait utiliser cet instrument depuis 1921 et avoir vu sa forme et ses performances évoluer avec l’électronique. Il affirmait n’avoir subi aucune blessure ni aucun autre effet néfaste au cours de ses longues recherches, et décrivait l’appareil comme fiable et efficace. Il qualifiait même le dernier modèle d’infaillible et soulignait sa simplicité d’utilisation. Lynes utilise ce témoignage de Rife pour montrer combien l’inventeur estimait les progrès réalisés après son nouveau départ avec Crane. [7]

L’annexe T présente une déclaration du dentiste Charles F. Tully datée du 1er juin 1954. Tully y décrivait sa propre inflammation de la prostate et le cas d’un ami qui, affirmait-il, avait évité une opération après utilisation de l’instrument. Il mentionnait aussi un lupus avec un érythème en ailes de papillon, une lésion cancéreuse jugée incurable par le médecin ayant adressé le patient, ainsi que des usages pour des problèmes postopératoires et dentaires. Il précisait connaître l’appareil depuis plusieurs années, mais en faire un usage personnel plus récent. Il concluait en appelant à poursuivre les recherches. Lynes inclut ce témoignage signé d’un utilisateur en pratique ; il s’agit des affirmations de Tully sur les résultats observés. [14]

Les annexes donnent aussi un nom de patiente et la date d’un témoignage sous serment concernant les travaux ultérieurs de Couche. Le 16 janvier 1968, Blanche H. Jones déclarait avoir subi en avril 1956 l’ablation d’un sein pour un cancer ; après l’opération, la maladie aurait persisté et provoqué un important écoulement purulent. Selon sa déclaration, James B. Couche la traita avec l’instrument à fréquences en mai 1956. Elle affirmait que l’écoulement avait cessé et que le sarcome, qu’elle associait dans son témoignage à une biopsie, avait été guéri. Elle signa le document presque douze ans après les faits rapportés. Lynes le reproduit comme sa déclaration personnelle, authentifiée par un notaire, sur le résultat à long terme. [14]

En 1957, Crane obtient la collaboration du médecin Robert Stafford, de Dayton, dans l’Ohio, qui souhaite mener des traitements cliniques et des expériences sur des souris. Après six mois, celui-ci fait état de quatre patients atteints de cancer. Chez l’un, il décrit une amélioration marquée et inattendue. Trois patients au stade terminal sont morts, mais tous ont éprouvé un soulagement après le début des séances. Lynes reprend également la suite du rapport : deux ont été autopsiés, ce qui aurait révélé une autre cause de décès et étonnamment peu de cellules cancéreuses. Stafford ajoute que, parmi trente-trois personnes traitées pour différents troubles, il n’a observé aucun effet nocif.

La collaboration de Stafford à la recherche et l’évaluation de l’instrument

En février 1958, Stafford présente ses constatations à huit médecins du comité de médecine générale de la Montgomery County Medical Society. Selon le livre, ils manifestent de l’intérêt et il commence à constituer un comité de recherche. Il envisage même une production et une distribution dans l’est des États-Unis, recherche un ingénieur, un conseil en brevets et des investisseurs éventuels. Des médecins de Salt Lake City commencent eux aussi à utiliser l’appareil, mais le conseil médical local les oblige à arrêter en mai 1958. Lynes cite la profonde déception d’un patient et un médecin qui confie à un collègue qu’il achèterait aussitôt l’appareil pour sa propre famille si l’un des siens était atteint d’un cancer.

La même année, une audience se tient devant le département californien de la Santé. Lynes énumère le Palo Alto Detection Lab, le Kalbfeld Lab, l’UCLA Medical Lab et le San Diego Testing Lab et affirme qu’ils ont tous jugé l’instrument sûr à utiliser. Malgré cela, le comité dirigé par le directeur de la santé publique Malcolm Merrill aurait qualifié l’appareil de dangereux et l’aurait interdit. Ce décalage entre les essais décrits et la décision constitue l’un des arguments centraux du livre pour soutenir que cette nouvelle période de recherche a elle aussi été arrêtée de l’extérieur.

Selon Lynes, Crane réalise deux nouvelles améliorations techniques en 1958 et en 1960. Il loue les appareils sous contrat, recueille des rapports et organise la formation afin que les utilisateurs ne modifient pas librement leur construction. Pour obtenir un brevet et attirer des investisseurs, il lui faut démontrer leur utilité ; pour la démontrer à plus grande échelle, il lui faut de l’argent et la collaboration de médecins. En 1960, il a rédigé un manuel et distribué quatre-vingt-dix instruments destinés à la recherche et à la vérification dans le cadre de contrats notariés. Lynes décrit ce moment comme l’approche d’une nouvelle percée, suivie d’une nouvelle intervention des autorités. [8]

1960–1965 : saisie, procès pénal et prison

En 1960, des enquêteurs entrent dans le bureau de Crane et saisissent des appareils, de l’électronique et une vaste documentation. Lynes estime la valeur des instruments à plus de quarante mille dollars. Parmi les biens emportés, il énumère des rapports de recherche, des données techniques, des lettres privées, des photographies, des factures et des enregistrements ; il affirme aussi que les enquêteurs n’avaient pas de mandat. Des médecins et des particuliers qui essayaient les appareils auraient ensuite reçu des visites et subi des pressions pour abandonner leur travail. L’auteur y voit la destruction de la base de recherche que Crane et Rife avaient constituée pendant une décennie.

Rife, âgé de presque soixante-treize ans, se retire au Mexique. Le procès pénal de Crane se déroule au début de 1961 et dure vingt-quatre jours. Lynes détaille les pièces que, selon lui, la défense n’a pas été autorisée à utiliser : les documents de recherche saisis, la déclaration de Rife, les rapports médicaux et scientifiques des années trente et quarante, les comptes rendus de Stafford et les lettres de Couche. Crane doit donc s’appuyer surtout sur les personnes qui ont elles-mêmes utilisé les appareils et sont prêtes à décrire leur expérience.

Les témoins, l’expert et la sélection du jury dans le récit de Lynes

Quatorze de ces utilisateurs témoignent au procès. Parmi eux figure James Hannibal, âgé de soixante-seize ans, qui parle de la disparition d’une cataracte, ainsi que des personnes qui décrivent l’amélioration de troubles de la vessie et de l’intestin, de lésions cutanées, de douleurs et d’excroissances. Lynes insiste particulièrement sur l’expert de l’État, Paul Shea. Celui-ci aurait disposé de l’appareil pendant deux mois, mais admis ne l’avoir ni essayé ni soumis à des expériences ; après l’avoir examiné, il aurait conclu qu’il n’avait aucune propriété curative. L’auteur affirme également que le président du jury était un médecin de l’AMA et que les autres jurés avaient été sélectionnés pour n’avoir aucune connaissance médicale ou électronique et ne pas lire de journaux favorables aux traitements alternatifs.

Crane est condamné à dix ans de prison. À la suite des appels, deux des trois chefs de condamnation sont annulés par la Cour suprême de Californie, faute de preuve d’une intention criminelle spécifique ; il passe trois ans et un mois en prison. Il s’agit du procès pénal de 1961, distinct du litige civil dans lequel Beam Ray l’avait emporté contre Hoyland en 1939. Lynes écrit qu’après la condamnation, les pressions ont également atteint Stafford, qui a quitté la médecine pour devenir vendeur, ainsi qu’un médecin de Salt Lake City qui s’est suicidé après le sabotage de son appareil et la poursuite du harcèlement.

Après sa libération, Crane ne renonce pas. En octobre 1965, au nom du Rife Virus Microscope Institute, il sollicite à nouveau l’approbation de l’instrument auprès du conseil californien de la santé publique. Rife est revenu du Mexique, mais reste en retrait. La réponse du 17 novembre indique que la sécurité et l’efficacité ne sont pas démontrées. Lynes décrit ici un cercle fermé : sans utilité reconnue, ni brevet ni financement ; sans collaboration des médecins, impossible de réunir les preuves exigées par les autorités.

La déclaration de Chromiak et les cas de deux chiropraticiens

Un autre témoignage documentaire est la déclaration sous serment de George Chromiak Jr. du 7 janvier 1965. Il décrivait une infection à Staphylococcus aureus contractée en 1960 alors qu’il travaillait dans un hôpital de Cleveland. Selon son récit, elle était devenue résistante aux antibiotiques, systémique et chronique, entraînant de longues souffrances et des hospitalisations. Il attribuait à l’instrument le soulagement et la disparition de l’infection systémique après plusieurs années de difficultés. Il mentionnait cependant des lésions permanentes de la main droite et du poignet, avec une diminution de l’usage du membre. La déclaration contient donc à la fois sa conviction de l’utilité de l’appareil et les séquelles persistantes de la maladie. Il la concluait en défendant la liberté de recherche. [14]

Il cite à l’appui deux chiropracteurs. Charles W. Bunner propose une déclaration sur le fonctionnement de l’appareil ; il aurait ensuite reçu la visite du département même qui exigeait les preuves, se serait vu interdire son utilisation et aurait fait l’objet d’une ordonnance judiciaire de destruction de l’instrument. Après sa propre déclaration, Les Drown aurait reçu la visite d’un collaborateur de l’American Cancer Society cherchant à le prendre en faute ; il aurait dû remettre son appareil sous peine de prison. Pour Lynes, ces deux cas sont essentiels à sa thèse : les autorités ne se seraient pas contentées de rejeter les preuves présentées, elles auraient empêché d’en produire de nouvelles. [8]

Virginia Livingston et les chercheurs que Lynes relie à Rife

Lynes ne cherche pas la suite de l’histoire de Rife dans les seuls appareils électroniques. Il consacre une grande partie de son livre aux chercheurs qui étudiaient les micro-organismes et dont il interprète les résultats comme une confirmation tardive de cette orientation. Au premier plan se trouve Virginia Livingston-Wheeler, qui a également publié sous les noms de Wuerthele-Caspe et de Wuerthele-Caspe-Livingston. Selon le livre, elle commence à étudier les tumeurs pendant l’été 1947 et y observe le même organisme. L’année suivante, les travaux d’Eleanor Alexander-Jackson sur les transformations du bacille de la tuberculose l’incitent à chercher des transitions semblables chez l’organisme qu’elle associe au cancer.

Les premières publications et les liens entre chercheurs

En mars 1948, elle présente ses constatations avec le microscopiste Roy M. Allen, puis les publie en août dans le bulletin de la New York Microscopical Society. Lynes relie ensuite plusieurs pistes de recherche : le travail canadien de Gruner, la visite de Couche en 1949, la découverte de formes fongiques par Irene Corey Diller et les observations de James Hillman dans les laboratoires RCA. Selon lui, l’article de Livingston de décembre 1950 décrit la transmission de la maladie à des animaux de laboratoire et la réisolation de l’organisme correspondant. L’auteur y voit la satisfaction des postulats de Koch (des règles permettant de vérifier si un microorganisme donné provoque une maladie donnée) et un argument important en faveur de l’origine bactérienne du cancer qu’il défend.

Mais ici encore, Lynes raconte une histoire de portes qui se ferment. Il attribue à Cornelius P. Rhoads, de Memorial Sloan-Kettering, l’annulation du symposium de Diller en 1950. Lorsque l’équipe de Livingston intervient au congrès international de microbiologie de Rome en 1953, le Washington Post en rend compte. Selon le livre, l’académie de médecine de New York rejette ensuite ses conclusions, puis le financement du laboratoire Rutgers-Presbyterian est interrompu, ce que Lynes attribue également à Rhoads. Livingston se retrouve sans emploi et s’installe en Californie, d’abord à Los Angeles, puis à San Diego en 1955.

Au congrès d’Anvers en 1958, elle trouve, selon le livre, un intérêt bien plus grand pour le pléomorphisme et les approches immunologiques. En 1959–1960, elle visite souvent le nouveau laboratoire de Rife et aide à obtenir des souris pour les expériences. Leurs explications d’un micro-organisme changeant de forme sont proches, mais leurs voies thérapeutiques diffèrent : elle développe un sérum, lui un instrument électrique. Lynes décrit cette rencontre comme un lien entre deux générations arrivées aux mêmes questions par des chemins différents. Livingston poursuit ses publications et ses interventions aux congrès, tandis que les collaborateurs de Rife se retrouvent engagés dans un nouveau procès.

D’autres expériences, des recherches interrompues et des propositions ultérieures

Lynes rapporte ici une expérience menée sur elle-même par la chercheuse milanaise Clara Fonti en 1959. Selon son récit, elle s’introduisit une culture bactérienne que le livre associe au cancer, développa ensuite une tumeur et la fit retirer chirurgicalement. L’auteur présente l’épisode comme une expérience humaine qui aurait reproduit les transferts précédents entre sang, tissu cancéreux, culture fongique et animaux de laboratoire. Ce bref récit pèse lourd dans son argumentation : il veut montrer que le débat sur le microorganisme supposé ne s’était pas limité à l’observation de préparations. [9]

Le parcours de Livingston fut de nouveau interrompu en 1962 par un infarctus ; selon le livre, elle ne travailla presque pas jusqu’en 1965. Elle prépara alors un nouvel article avec Alexander-Jackson. En 1966, elles intervinrent à un séminaire pour journalistes scientifiques en Arizona, mais à son retour à Columbia, Alexander-Jackson apprit que ses travaux avaient été arrêtés. Lynes rattache l’événement à la persistance de l’opposition institutionnelle. En mai de la même année, Rife et ses collaborateurs tentèrent d’intéresser l’Institute for Cancer Research de Philadelphie à l’instrument à fréquences, mais l’établissement se retira. L’auteur y voit deux exemples supplémentaires de collaborations interrompues au moment précis où un examen plus large était recherché. [9]

Pour la période ultérieure, le livre met en lumière Diller et Florence Seibert, qui déclarent en 1967 avoir isolé des bactéries de toutes les tumeurs obtenues. En 1969, Livingston, Alexander-Jackson, Diller et Seibert prennent la parole devant la New York Academy of Sciences ; leur article publié en 1970 décrit un micro-organisme fortement pléomorphe qu’elles associent à différentes affections malignes humaines et animales. Lynes entend dans ces descriptions un écho de Rife, Kendall, Rosenow et Gruner. Il souligne notamment que les chercheuses venaient d’institutions différentes.

En 1968, Livingston ouvre avec son mari une clinique à San Diego. D’après les chiffres qu’elle fournit et que Lynes reprend, plus de dix mille patients atteints de cancer y ont été suivis jusqu’en 1983, avec un taux de réussite de quatre-vingts pour cent. Elle publie Cancer: A New Breakthrough en 1972, puis The Conquest of Cancer. Lynes rapproche ses publications du travail de Lida Mattman sur les formes dépourvues de paroi cellulaire, paru en 1974, et du livre de Sorin Sonea et Maurice Panisset, A New Bacteriology. Il y voit le retour de questions qui avaient été marginalisées à l’époque de Rife.

Lynes replace aussi les événements ultérieurs dans le contexte de la grande guerre contre le cancer financée par les pouvoirs publics. Il indique que Richard Nixon signa le 23 décembre 1971 une loi portant sur 1,6 milliard de dollars et qu’en 1985 les dépenses annuelles du NCI atteignaient 1,2 milliard. Dans son livre de 1972, Livingston critiquait vivement les dépenses, les essais de médicaments et le recours à des patients sans qu’ils soient pleinement informés ni consentants. Lynes reprend ses chiffres : cinq cents millions de dollars en treize ans, cent soixante-dix mille médicaments testés et plus de cent mille patients. Il s’en sert pour soutenir son accusation selon laquelle ressources et influence s’étendaient tandis que d’autres voies de recherche restaient sans soutien. [9]

Lynes étend sa vision ultérieure à l’alimentation et à la prévention des maladies. Il reprend les avertissements de Livingston concernant un microorganisme supposé dans la volaille et les œufs, ainsi que sa proposition d’immuniser bovins et volailles à l’aide d’un sérum. Il la rapproche ensuite de l’idée de Rife de neutraliser BX dans la viande et de ses affirmations sur le porc et les champignons. L’auteur envisage aussi le traitement du sang dans les banques de sang. Il attribue également à Livingston une proposition d’immunisation précoce des enfants et la conviction que le cancer pourrait être éliminé en une décennie. Le livre présente ces idées historiques comme les siennes et celles de l’auteur : elles illustrent l’ampleur de l’avenir que Lynes croyait fermé par la perte des travaux de Rife. [9]

Le récit referme aussi une boucle personnelle. En 1976, Livingston épouse Owen Wheeler, qui avait connu Rife dans sa jeunesse et passé du temps dans son laboratoire. La même année, Christopher Bird publie un article sur le devenir du microscope de Rife. Pour Lynes, ces deux rencontres signifient que, malgré des décennies de silence, l’histoire n’a pas été interrompue : elle a survécu dans les personnes, les documents, les instruments et des questions de recherche apparentées. [9]

The Victims : le coût humain dans le récit de Lynes

Le chapitre The Victims interrompt la succession des laboratoires, des lettres et des procès. Lynes veut montrer les personnes qui, à ses yeux, se cachent derrière les grands chiffres de mortalité. Il présente d’abord Dorothy Lynch, de Dorchester, dans le Massachusetts, qui cherchait pendant sa maladie des informations sur d’autres approches. Son parcours est retracé dans Exploding into Life, un livre réalisé avec son mari, le photographe Eugene Richards, associant textes et photographies de la maladie et de la vie hospitalière. Le deuxième exemple est Mark Johnson, un garçon de neuf ans de La Crosse, dans le Wisconsin, auteur des histoires de The Great Planet Swap and Other Stories, mort de leucémie après quatre années de maladie.

Lynes relie leur destin à son accusation centrale : il est convaincu que la suppression du travail de Rife a privé des personnes de possibilités qui auraient pu changer leur vie. Le chapitre n’est donc pas seulement le portrait de deux individus, mais l’expression de sa colère et de sa tristesse. Il le termine par une lettre adressée à Rife en 1953 par un officier de marine. Celui-ci se souvient de ses visites au laboratoire dans sa jeunesse, admire les microphotographies et regrette que le monde doive chercher à nouveau des réponses déjà apportées, selon lui, par Rife. [11]

Cancer and AIDS : le regard du livre dans les années quatre-vingt

Dans le chapitre Cancer and AIDS, Lynes élargit son récit à l’épidémie qui se développe alors. Le point de départ reste l’idée de Gruner d’un organisme capable de passer par différentes formes, ainsi que le lien que l’auteur voit entre Gruner, Livingston et Rife. Il présente ensuite le médecin et écrivain Alan Cantwell. Cantwell rapportait avoir trouvé le même micro-organisme dans le cancer et le sarcome de Kaposi, que le livre associe au sida. Séparément, il défendait l’hypothèse selon laquelle le même organisme causait aussi le sida et estimait que la recherche sur le sida devait examiner sérieusement une explication bactérienne. Lynes accueille ces affirmations comme le prolongement de l’ancien débat sur le pléomorphisme.

L’interprétation de Gruner sur l’alimentation et le désaccord sur les orientations de la recherche

L’argument de Gruner dans ce chapitre n’est pas seulement théorique. Lynes reprend son affirmation selon laquelle un repas contenant du porc aurait produit pendant huit ou neuf heures un tableau sanguin impossible à distinguer de celui d’un malade du cancer, avant un retour à la normale. Il la relie à la base porcine du milieu K de Kendall et à l’observation de Rife selon laquelle un tel environnement favoriserait la croissance du microorganisme supposé du cancer. Il utilise donc la description de Gruner pour prolonger la thèse d’un organisme se transformant selon l’alimentation ou le milieu. Le livre passe ici de l’explication de laboratoire à une interprétation beaucoup plus large des rapports entre alimentation, sang et maladie. [11]

Le livre leur oppose Robert Gallo, du National Cancer Institute, qui rejetait fermement cette explication. Lynes affirme que les financements allaient aux orientations de recherche établies tandis que les autres étaient exclues. Il cite aussi une étude de Sloan-Kettering de 1975 : selon son récit, un organisme présent dans les cultures de sang de patients atteints de cancer aurait été interprété comme une contamination extérieure, et le travail mis de côté. Pour cette affirmation, il renvoie au livre de Raymond Brown sur le sida, le cancer et les institutions médicales.

Dans Aids: The Mystery and the Solution, Cantwell avait écrit sa conviction que « le sida est le cancer et le cancer est le sida ». Il avançait aussi l’hypothèse que certaines pratiques médicales avaient involontairement contribué à l’apparition de formes plus virulentes de la bactérie supposée. En reprenant ses affirmations, Lynes renforce son avertissement : à ses yeux, la nouvelle épidémie risque de reproduire l’histoire d’une découverte négligée. Ce chapitre montre comment l’auteur comprenait l’urgence de son livre en 1987 : il ne voulait pas seulement reconstituer le passé de Rife, mais amener les lecteurs à réclamer un nouvel examen de ses idées et l’ouverture d’autres voies de recherche. [11]

1968–1992 : les dernières années, les documents conservés et le livre de Lynes

En mars 1968, quelques mois avant son quatre-vingtième anniversaire, Rife transfère la propriété du microscope à John F. Crane. Selon le document décrit par Lynes, il envisage encore de le breveter, les droits devant revenir à Crane. Il considère les instruments à fréquences comme leur invention commune, puisqu’ils ont tous deux contribué aux nouvelles versions. Il meurt en 1971. Il laisse des instruments, des plans, une correspondance, des photographies et les souvenirs de ses collaborateurs, qui serviront de base aux tentatives ultérieures de reconstituer son travail.

Crane, la conservation des archives et l’histoire ultérieure du microscope

Crane joue un rôle central dans la conservation de ces documents. Lynes reconnaît sa persévérance et le fait qu’il n’a pas renoncé lorsque d’autres se sont retirés. Mais il le critique aussi sévèrement : il n’a pas les talents d’organisateur de Johnson, éloigne des spécialistes, des hommes d’affaires et des juristes compétents, et perd des années dans des procès mal préparés. En 1959, il demande cent cinquante millions de dollars à des investisseurs potentiels. Plus tard, il engage lui-même de vastes procédures contre l’État de Californie, Nelson Rockefeller et bien d’autres. Lynes estime qu’il y dépense une énergie qui aurait dû être consacrée à la recherche et à la collaboration.

L’article de Bird, What Has Become of the Rife Microscope?, paru en mars 1976, rapproche de nouveau l’histoire des lecteurs. Entre 1984 et 1988, le Microscope universel passe entre les mains de groupes qui souhaitent le restaurer, mais qui, selon le livre, ne progressent pas. Il faut finalement une procédure fédérale pour qu’il revienne à la société Rife Labs. Celle-ci a été créée pour réexaminer le travail selon des méthodes scientifiques modernes. La conclusion de l’édition utilisée décrit son évaluation prudente des instruments électroniques et l’espoir de pouvoir un jour reprendre la recherche interrompue.

Barry Lynes rencontre Crane au début de 1986. Selon sa propre présentation, il est d’abord sceptique, puis la quantité de documents conservés le convainc qu’il doit raconter l’histoire. Le premier tirage de The Cancer Cure That Worked! paraît en mars 1987 ; des réimpressions suivent, dont la quatrième en avril 1992, sur laquelle repose cet article. La préface de Mattingly appelle à réexaminer le travail de Rife et réfléchit à la manière dont nos attentes influencent ce que nous sommes même capables de voir au microscope.

La préface de Mattingly : observation, lumière et formes changeantes

Dans sa préface, Mattingly commence par interroger l’observateur lui-même. Les sens humains n’ont pas tous la même sensibilité, et les connaissances comme l’expérience influencent la reconnaissance de ce qui est vu. Le microscope y ajoute le choix des lentilles, de l’éclairage, des colorants et de la préparation du spécimen. La préface porte donc autant sur la puissance de l’appareil que sur la disposition du chercheur à reconnaître un phénomène inattendu. Avec un récit de grands navires non reconnus parce qu’extérieurs au monde familier, Mattingly illustre son idée que l’évidence pour un observateur ne l’est pas forcément pour un autre. Il rapproche cette conception du regard du conflit opposant Rife à la microscopie établie. [1]

La préface rapproche les microzymas de Béchamp des endobiontes d’Enderlein et des bions de Reich. Mattingly les considère comme des particules vivantes minuscules, semblables ou peut-être identiques, observées sous des noms différents ; il souligne l’emploi du fond noir (une méthode de microscopie dans laquelle les particules éclairées se détachent sur un fond sombre) et les difficultés d’acceptation des méthodes d’observation inhabituelles. Il juge l’éclairage de Rife encore moins connu. Il se tourne ensuite vers Gustave Le Bon et des recherches biophysiques ultérieures sur les interactions entre lumière et systèmes vivants. Selon son explication, une lumière réglable pourrait s’accorder à la réponse caractéristique d’un microorganisme et créer une résonance donnant l’impression qu’il s’éclaire lui-même. Il s’agit de l’interprétation de Mattingly concernant le principe possible de l’instrument de Rife. [1]

Mattingly étend le pléomorphisme à une réflexion générale sur la vie. Il relie les changements de forme au développement de l’organisme, à l’évolution et à la symbiose, et s’oppose à l’idée que les bactéries devraient faire exception. Il utilise l’explication de Béchamp pour discuter de bactéries qui proviendraient de particules présentes dans les systèmes vivants eux-mêmes, ainsi que des rapports entre milieu intérieur, maladies dégénératives et formes pathologiques. Selon lui, l’étude de préparations mortes et colorées compliquait la compréhension des processus dans l’organisme vivant. De ces réflexions, il tire la nécessité d’un cadre commun d’observation des préparations vivantes et d’une volonté de rouvrir les anciens débats théoriques. [1]

Mattingly reste prudent face aux nouveaux microscopes : selon lui, la lumière ultraviolette nuit aux bactéries observées, tandis que l’amélioration informatique des images peut compliquer encore l’interprétation. Il mentionne un instrument français peu connu des années soixante, auquel il attribue un grossissement de 4 500 et une résolution de 150 angströms (des unités de longueur ; un angström vaut un dix-milliardième de mètre), combinant fond noir, lumière proche de l’ultraviolet et laser. Enfin, il rapporte avoir lui-même observé un processus pléomorphe dans des échantillons sanguins frais non traités, avec un microscope de recherche et le fond noir. Il souligne l’importance d’un apprentissage préalable et d’un accompagnement. Il conclut la préface en demandant un nouvel examen équitable des appareils et des travaux de Rife à la lumière des nouvelles connaissances. [1]

À la fin, Lynes invite les lecteurs à écrire à leurs représentants politiques et aux médias. Il veut que le livre suscite des actions. La note finale de l’éditeur circonscrit son accusation à certaines personnes des décennies passées, tout en exprimant son respect pour le dévouement de la majorité des médecins et des chirurgiens. Le récit se termine ainsi sur le même espoir qui relie Rife, Johnson, Crane et les chercheurs ultérieurs : que quelqu’un reprenne les appareils et les documents conservés, les étudie et permette la poursuite d’un travail qu’ils considéraient comme inachevé. [1] [8]

Les grandes étapes du récit

  1. 1888Rife naît à Elkhorn, dans le Nebraska.
  2. 1913Il s’installe à San Diego, où il développe ses travaux de mécanique et d’optique.
  3. 1920–1929Il construit ses premiers microscopes et instruments électriques ; en 1929, son travail attire l’attention de la presse.
  4. 1931–1932Collaboration avec Kendall et Johnson, premières publications scientifiques et débat sur l’interprétation des observations.
  5. 1933Achèvement du Microscope universel.
  6. 1934Clinique de La Jolla ; Lynes fait état de seize guérisons, le livre proposant plusieurs chronologies différentes des résultats.
  7. 1935–1937Nouveaux appareils, cliniques supplémentaires, collaboration avec Gruner et recherche infructueuse d’un financement plus durable.
  8. 1938–1939Beam Ray développe la fabrication des appareils. La société gagne le procès civil de 1939, mais le conflit épuise les participants et brise l’élan commercial.
  9. 1944Publication de l’article de Seidel et Winter sur l’instrument ; mort de Johnson.
  10. 1950–1957Rife collabore avec John Crane ; de nouvelles versions apparaissent, dont de plus petits appareils à contact.
  11. 1960–1965Saisie du matériel, procès pénal et emprisonnement de Crane ; une nouvelle demande d’autorisation est rejetée.
  12. 1968–1971Transfert du microscope à Crane en 1968 et mort de Rife en 1971 ; les travaux de Livingston et d’autres chercheuses se développent parallèlement.
  13. 1976–1992Regain d’intérêt, examen des documents par Lynes en 1986, première édition du livre en 1987 et réimpressions ultérieures.

Sources et notes sur les documents historiques

  1. Barry Lynes, The Cancer Cure That Worked! Fifty Years of Suppression. Marcus Books, © 1987 ; quatrième tirage utilisé, avril 1992, ISBN 0-919951-30-9. Données d’édition : PDF p. 2–3 ; présentation des collaborateurs et de l’auteur : p. imprimées 1–2 / PDF 7–8 ; préface de John W. Mattingly : p. imprimées 3–10 / PDF 9–16 ; premières années : chapitres 4–5, p. imprimées 33–40 / PDF 39–46 ; note finale de l’éditeur : PDF 165. Les numéros PDF désignent les pages du document numérisé de 166 pages utilisé.
  2. Lynes, chapitre 6, p. imprimées 41–47 / PDF 47–53 : collaboration avec Kendall et Johnson, articles de presse, dîner de 1931, intervention à Baltimore et publications de Rosenow. Le livre reprend l’article de Rife et Kendall dans California and Western Medicine (décembre 1931), la brève de Science News (11 décembre 1931) et le rapport de Rosenow dans Science (26 août 1932).
  3. Lynes, chapitres 7–8, p. imprimées 49–58 / PDF 54–63 : BX, descriptions des expériences, article de 1933, Microscope universel et lettres de Johnson sur les préparatifs de la clinique. Photographie du microscope : annexe G, p. imprimée 149 / PDF 145. Portrait de 1931 : annexe C, p. imprimée 145 / PDF 141.
  4. Lynes, chapitre 9, p. imprimées 59–65 / PDF 64–70 : clinique de 1934, rapport de Rife du 1er décembre 1953, lettre de Kendall sur Tom Knight, témoignage de Couche et lettre de Johnson sur les dossiers. Fac-similés dans les annexes I–L : p. imprimées 151–155 / PDF 147–151. Données sur les seize ou quatorze cas et les deux restants : introduction, p. imprimée 1 / PDF 7 ; p. imprimée 61 / PDF 66 ; p. imprimée 103 / PDF 104 ; p. imprimée 116 / PDF 116. Les chronologies résumées dans le livre diffèrent.
  5. Lynes, chapitres 10–12, p. imprimées 67–85 / PDF 71–89 : International Cancer Research Foundation, Gruner, Walker, développement des appareils et des microscopes, cliniques, laboratoire et projets de financement. Les lettres sont résumées à partir des citations et reproductions du livre.
  6. Lynes, chapitres 13–14, p. imprimées 87–99 / PDF 90–101 : Beam Ray, collaboration anglaise, témoignages de Cullen sur Fishbein et l’AMA, procès civil de 1939, ses conséquences, mort de Johnson et événements du laboratoire. Récit plus détaillé de Cullen sur le patient de Hamer et l’offre de Fishbein : chapitre 3, p. imprimées 29–30 / PDF 35–36. Les accusations et les motivations prêtées aux personnes sont présentées comme l’interprétation de Lynes ou les témoignages qu’il cite.
  7. Lynes, chapitre 15, p. imprimées 101–107 / PDF 102–108 : intervention de Kendall, microscopie, déclaration publique de Rife en 1938, rapport sur les deux patients restants, description de l’optique et de l’instrument à fréquences par Seidel. La bibliographie, p. imprimée 139 / PDF 137, cite Raymond E. Seidel et M. Elizabeth Winter, Journal of the Franklin Institute, février 1944, ainsi que la réimpression dans le rapport annuel de la Smithsonian Institution.
  8. Lynes, chapitre 19, p. imprimées 127–136 / PDF 125–134 : John Crane, nouveaux appareils, rapport de Stafford et indications sur les autopsies, essais de laboratoire, saisie, procès pénal de 1961, appels, emprisonnement et demande de 1965. Également les dernières années de Rife, les difficultés commerciales et judiciaires de Crane et le devenir du microscope. Photographie de Rife en 1960 : annexe U, p. imprimée 164 / PDF 161.
  9. Lynes, chapitre 16, p. imprimées 109–119 / PDF 109–119 : Virginia Livingston-Wheeler, Eleanor Alexander-Jackson, Irene Diller, Florence Seibert et les autres chercheurs que l’auteur relie au travail de Rife ; publications, rencontres et clinique de San Diego. La présentation d’une confirmation ultérieure des idées de Rife suit l’interprétation proposée par Lynes dans le livre.
  10. Cancer Research UK, Rife machines. Source de la brève note médicale actuelle en fin d’article. Page consultée le 28 octobre 2026. Cancer Research UK
  11. Lynes, chapitres 17–18, p. imprimées 121–125 / PDF 120–124 : The Victims et Cancer and AIDS. Les récits concernant Dorothy Lynch et Mark Johnson ainsi que l’extension de la thèse de l’auteur au sida s’inscrivent dans le cadre historique et polémique du livre des années quatre-vingt.
  12. Lynes, chapitres 2–3, p. imprimées 17–32 / PDF 23–38 : Béchamp, Pasteur, pléomorphisme, Kendall et Rivers ; présentation par l’auteur des institutions de santé américaines, de l’AMA, de la publicité, du financement de la recherche et des intérêts privés. Le livre se réfère notamment à E. Douglas Hume, Morris A. Beale, Paul Starr et Ralph W. Moss.
  13. Organisation mondiale de la Santé (WHO), HIV and AIDS. Source de la brève note médicale actuelle. Page consultée le 28 octobre 2026. WHO
  14. Lynes, annexes documentaires N–O, T, V–X : lettres de Johnson sur Mme Young et les résultats de Foord (PDF 153–155 ; PDF 155 reprend la lettre de PDF 153) ; déclaration de Charles F. Tully du 1 juin 1954 (PDF 160) ; déclaration sous serment de George Chromiak Jr. du 7 janvier 1965 (PDF 162) ; déclaration de Blanche H. Jones du 16 janvier 1968 sur le traitement de 1956 (PDF 163) ; tableau comparatif des caractéristiques des bactéries et des virus (PDF 164). Préface de John W. Mattingly : PDF 9–16. Ces récits sont présentés comme des témoignages et des interprétations du livre.

Une brève note médicale actuelle

Cet article présente le récit historique de Barry Lynes. Cancer Research UK indique qu’il n’existe pas de preuves fiables de l’efficacité des appareils de Rife dans le traitement du cancer. Le sida résulte d’une infection avancée par le VIH. Les appareils de Rife ne doivent ni remplacer ni retarder une prise en charge médicale reconnue. [10] [13]

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